Débarasser nos océans du plastique

 

Fanny LeBlanc et Mathieu Isabelle
(2015)

Débarrasser nos océans du plastique.

État de la situation:

Depuis la fin du 20e siècle, l’impact des déchets marins d’origine humaine a pris beaucoup d’importance suite à l’utilisation de polymères qui se retrouvent dans une grande quantité d’objets. Plusieurs scientifiques, dont les écrits paraissent dans une revue américaine, ont participé à une expédition de six ans (2007 à 2013). En voyageant à travers les principaux courants océaniques et près de la côte australienne, dans la baie du Bengale et dans la Méditerranée, ils ont récupéré, à l’aide de filets, les débris qui flottaient à la surface. Ils ont ensuite observé les données recueillies et les ont utilisées pour calibrer un modèle informatique de la répartition de ces déchets sur les océans. Ils en sont arrivés à une estimation de 5 250 milliards de particules de plastique dans les océans, qui pèseraient au total près de 269 000 tonnes soit l’équivalent de 26 tours Eiffel! En effet cette quantité immense de particules plastiques serait répandue un peu partout à travers les océans, provenant des déchets plastiques qui représentent 80% des 5,25 milliards de déchets de toutes sortes.

Quelles en sont les causes?

On estime à 4 milliards de tonnes la masse des déchets de toutes sortes qui sont jetés chaque année, parmi ces déchets une grande partie est déversée dans les océans soit 8,8 millions de tonnes et, certaines années, cela peut grimper jusqu’à 14 millions. La majeure partie de ces déchets se retrouve dans les océans à cause des grandes averses de pluie qui les emportent dans les courants marins autour du monde. L’autre partie des polluants vient des activités marines et terrestres rejetant des déchets comme les engrais et les pesticides, les eaux usées, des produits toxiques tels que le plomb (d’ailleurs banni dans l’essence pour certains pays puisqu’il est trop dangereux) et le monoxyde de carbone émis par le transport et les exploitations minières ainsi que les déchets que les industries déversent qui pèsent de 300 à 500 milliards de kilos incluant des métaux lourds, des boues toxiques, des solvants et d’autres déchets dangereux, selon l’Unesco.

Quelles en sont les conséquences?

Les plastiques sont entraînés dans des courants océaniques et s’accumulent ensuite dans les mêmes zones. Au fil du temps, cette énorme quantité de déchets a créé des continents de plastiques, à ce jour on en dénombre pas moins de 5. Certains font jusqu’à six fois la taille de la France! Ces îlots artificiels se décomposent lentement au fil des années en petites pièces toxiques et ce jusqu’à devenir des milliards de toutes petites particules plastiques stagnant ensuite dans les eaux.
Des millions d’oiseaux, de poissons et de mammifères marins avalent ensuite de ces particules et d’autres déchets de toutes sortes qui flottent autour pour se nourrir ou par accident. Une étude de 5 ans sur les fulmars, des oiseaux marins grégaires, nichant en grandes colonies sur des falaises rocheuses,  a révélé que 95% de ces oiseaux du nord ont du plastique dans l’estomac.   Source290px-Fulmar_antarctique_-_Fulmarus_glacialoides
Cela étant très néfaste pour leur santé, la plupart meurent après avoir ingéré le matériau artificiel, soit par suffocation ou par intoxication, ainsi près de 300 espèces animales sont menacées. De plus, le plastique est une matière qui se décompose très lentement. Il relâche donc des substances toxiques telles que le bisphénol A et le phtalate, très néfastes pour les animaux et l’environnement, pendant plusieurs décennies et même des siècles. De plus, 80% des déchets plastiques dans les océans proviennent des bouteilles et des sacs. Ceux-ci prennent plus de 400 ans à se dégrader.

La solution  » the ocean cleanup »

On ne peut rester à rien faire devant les océans qui se remplissent de plastiques un peu plus chaque jour. Les solutions mises en place actuellement ne suffisent clairement pas à résoudre le problème puisque les gens continuent de jeter leurs déchets à des endroits inappropriés. Il est temps de commencer à nettoyer les océans et ce, d’une manière qui ne nuirait pas à l’environnement. C’est ce que Boyan Slat, un étudiant en ingénierie aérospatiale de 19 ans, espère accomplir. Le jeune néerlandais, qui a collaboré avec plus de 100 chercheurs, étudiants et ingénieurs au cours des dernières années, souhaite débarrasser les océans d’approximativement 7,25 millions de tonnes de plastique, ce qui représente environ 30% de la pollution totale des océans, et il ferait cela en quelques années à peine. Son estimation est de seulement 25 ans au lieu de 79 000 ans comme l’avait prédit plusieurs experts si l’on avait utilisé la méthode du filet. Ce concept de filet, qui prenait beaucoup trop de temps ainsi qu’une énorme quantité d’énergie, piégeait tout autant les animaux marins que les déchets, ce qui nuisait à l’environnement. Heureusement, cette méthode laissera plutôt la place à l’idée innovatrice du jeune Boyan. La procédure est plutôt simple. On a d’ailleurs déjà amassé plus de 2 millions de dollars pour le financement du projet pilote. Les déchets habituellement attrapés par les filets seraient maintenant amenés par les courants marins avant d’être piégés dans d’énormes barrages flottants sans maille. Ces barrages autoalimentés par les vagues, les courants et le soleil  fonctionneraient même par mauvais temps puisque leur structure s’inspire de la raie Manta ce qui leur procure une très bonne stabilité grâce à leur forme caractérisée par une grande largeur mais une petite épaisseur. De plus, le concept est particulièrement intéressant puisque le plancton pourrait nager en dessous alors que même les très petits débris plastiques resteraient bloqués. De plus, cette initiative à l’étude depuis 2 ans pourrait même être rentable puisque les plastiques récupérés pourront rapporter jusqu’à 500 millions de dollars une fois recyclés.
http://www.lapresse.ca
http://www.planetoscope.com
http://fr.wikipedia.org
http://fr.wikipedia.org
http://www.leparticulier.fr
http://www.eco-jonction.com
http://ecologie.blog.lemonde.fr
http://www.boyanslat.com/
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