Indonésie,pays des déchets

Par Kevin Haeck (2008)

Indonésie,pays des déchets

Mauvaise gestion

Durant la nuit du 22 février 2005, un glissement de terrain à la décharge de Leuwigajah, dans les environs de Bandung en Indonésie, propulse 2,7 millions de mètres cube d’un mélange de boue et de déchets multiples sur les villages          de Cireundeu et de Cilmius, causant la mort de 140 personnes et détruisant 69 maisons. Cette catastrophe fait réaliser que l’Indonésie a un long chemin à parcourir quant à la gestion des déchets.

55 000 tonnes de déchets sont produites par jour dans les zones urbaines en Indonésie. Seulement 30% de ces déchets sont, selon la Croix-Rouge française, récoltés par les éboueurs dans la ville de Gunung Sitoli. Les ordures qui ne sont pas ramassées restent entassées dans les rues, sous les porches des édifices ou dans tout autre espace libre. Dans les creux de ces véritables montagnes de déchets, l’eau de pluie stagne et permet la prolifération de moustiques porteurs des virus de la dengue ou de paludisme. Les gens attrapent aussi plusieurs infections gastro-intestinales dues à la consommation de l’eau contaminée.

La situation ne s’améliore pas à Gunung Sitoli où, depuis 2005, elle ne fait qu’empirer. Les coins de rues sont ensevelis sous les détritus et les croisements sont

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devenus les gardiens de décharges improvisées. Partout où il y a des containers, les ordures les ont saturés et l’odeur est, on peut se l’imaginer, des plus pestilentielle. Le pire c’est que les enfants jouent autour de ses endroits gorgés d’ordures.

Des solutions

À Gunung Sitoli, la Croix-Rouge française a apporté son soutien au gouvernement local afin d’améliorer les conditions sanitaires. Ainsi, en date du 11 mai 2006, 620 poteaux permettant de fixer des poubelles ont été installés et, à la fin du mois de mai de la même année, mille poubelles ont été ajoutées pour le bien-être des 65 000 citoyens de la ville et ce en raison de deux ratios : une poubelle pour dix familles dans les zones densément peuplées et une poubelle tous les 25 mètres dans les zones moins peuplées.

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Les containers sont fixés afin d’éviter vols et déplacements et  pour aider les éboueurs dans leurs fonctions.

En partenariat avec la Croix-Rouge française, l’ONG allemande HELP, à été chargée de la campagne de sensibilisation/communication auprès des riverains. La duré de  la campagne  prévue est de 24 mois et est donc, en 2008, sur le point de se terminer. Les gens de HELP font du porte à porte dans le but d’informer les habitants de l’installation future de nouvelles poubelles. Les citoyens sont pour la plupart enthousiasmés par le projet mais doutent des services de ramassage qui sont, somme toute, plutôt aléatoires.

La clé du succès  de l’opération est donc l’efficacité des éboueurs. Dans ce sens, la Croix-Rouge s’est chargée de fournir le matériel de ramassage et a amélioré les trajets de collecte. À la mi-mai 2006, deux camions de ramassage des ordures ont été livrés pour le bien de la communauté.

La Croix-Rouge française désire aussi développer le recyclage dans la ville (Gunung Sitoli bien entendu). En ce sens, les habitants sont en contact avec les recycleurs dits « privés » et l’on a incité les gens à revendre les matières recyclables. Le prix peut varier cependant. Ainsi, les conserves sont rachetées 6000 Roupies (environ 0,5 euros) le kilo et les bouteilles de verre 500 Roupies (0,02 euros) pièce. Au nord de la ville, une petite entreprise recycle le plastique et est fournie par des agents qui achètent auprès des foyers à un prix variant de 2000 à 2500 Roupies le kilo. Il est à noter que le prix peut varier jusqu’au double selon le collecteur ou la demande. Pourtant, le problème n’est pas résolu : la Croix-Rouge doit aussi faire connaître les collecteurs et les recycleurs aux gens de Gunung Sitoli (des habitants peuvent ignorer la présence de l’un des deux à 100 mètres de leur demeure)

Bien que ces multiples solutions en sont des bonnes, elles n’ont eu lieu que sur l’île de Nias, le reste de l’Indonésie reste couverte de déchets. Il faut donc réappliquer les solutions trouvées par la Croix-Rouge française ou en trouver d’autres afin d’aider les indonésiens à se sortir de la décharge.

La Croix-Rouge française à Nias

Texte de Neale MacMillan

Texte sur la gestion des déchets à Nias

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