La face cachée de ton coton ouaté

Maude Pedneault, Dylane Grosso et Justine Gagnon (2018)

La face cachée de ton coton ouaté

Le fast fashion (la mode rapide) est une expression catégorisant la surproduction de textiles par des compagnies afin d’amasser davantage de profits. À force d’être bombardés de publicités, nous souhaitons acheter de nouveaux vêtements, non seulement pour le plaisir de dénicher de nouveaux morceaux, mais aussi pour porter les dernières tendances.
Bien entendu, la mode rapide a de multiples conséquences, notamment sociales et bien sûr, environnementales.

Ton chandail a peut-être tué
Comme nous l’avons tous déjà remarqué, la grande majorité de nos vêtements sont fabriqués dans les pays d’Orient : Bangladesh, Chine, Inde, Pakistan, Tunisie, Turquie, etc. Cela dit, la majorité des ouvriers de ces pays qui conçoivent ces vêtements ne sont pas traités de façon juste, équitable et moralement adéquate. Tout d’abord, ceux-ci ont généralement des quarts de travail inhumains pendant lesquels ils doivent travailler entre 12 et 16 heures par jour, évidemment sans congé ni vacances pour une période qui peut s’étendre sur des semaines, voire des mois. Proportionnellement aux heures qu’ils consacrent à leur métier, leur salaire est néanmoins médiocre. On parle d’environ 50 dollars par mois!

De plus, du côté du Bangladesh, deux usines où travaillaient ces ouvriers se sont effondrées. La tragédie du Rana Plaza aura causé 1135 décès et plus de 1000 blessés, alors que celle vécue à l’immeuble de Spectrum, en 2005, a causé 64 morts.
Dans ce même pays, l’usine Tazreen s’est enflammée, sept ans plus tard, en emportant dans ses cendres la vie de 112 victimes. Tristement, ces catastrophes passent presque inaperçues.

Tout ceci est couronné par le risque permanent de développer des problèmes respiratoires, des cancers et des maladies de peau, causés par les déchets toxiques rejetés par ces usines. Ceci nous amène à aborder l’aspect environnemental du fast-fashion.

Ton jean a peut-être eu un impact sur l’assèchement des lacs

La pollution est un sujet bien connu de tous, puisqu’il est maintenant abordé régulièrement dans les écoles. Si gaz à effet de serre, CO2 et déchets toxiques sont tous des termes employés lorsqu’on parle de la pollution, il est assez rare d’entendre aussi jeans, souliers et chandail dans la même phrase! Pourtant, le problème est réel : l’industrie du vêtement est un fléau pour la planète. Prenons le jean pour exemple. Il est composé d’environ 600 grammes de coton et si ce n’est pas du coton biologique, les champs dans lesquels il poussera seront fortement irrigués, beaucoup plus que pour une culture biologique, causant un assèchement des lacs et des rivières. Dans le processus de teinture des jeans, il faut une très grande quantité d’eau qui est mélangée avec des acides. Ensuite, toute cette eau est rejetée dans la nature sans avoir été épurée, ce qui contamine énormément les lacs et rivières. Le transport de nos vêtements pollue aussi beaucoup. Par exemple, une paire de jeans peut faire jusqu’à 65 000 km par bateau, train et camion.

Des solutions? Plus d’une!

Le Slow Fashion est une industrie de vêtements qui a comme but de respecter les principes environnementaux, sociaux et économiques, à long terme, pour tout ce qui englobe la production, la distribution et la vente de ces mêmes vêtements. C'est évidemment une solution amplement acceptable pour contrer le Fast Fashion.
 (source: Grand Dictionnaire terminologique, en ligne, «mode responsable » )

Plusieurs entreprises font aussi de grands efforts pour l’environnement. Par exemple, un atelier de technologie expérimentale, à Londres, a développé en laboratoire une manière de cultiver des fibres biologiques à partir de bactéries, de végétaux, de champignons et d’algues qu’on laisse reposer dans du thé vert.

Il est vrai qu’il peut parfois s’avérer coûteux d’acheter des morceaux de vêtements écologiques fabriqués par des ouvriers traités adéquatement. Cependant, il existe quelques façons moins dispendieuses de mieux consommer. On peut d’abord se demander si on a vraiment besoin de nouveaux vêtements et de plusieurs paires de souliers. La réponse sera probablement négative! En achetant moins, vous participez à la diminution de la demande et donc à la diminution de l’offre et au mieux-être de notre planète.

Un autre moyen d’aider à diminuer la production de vêtements est d’aller porter ses vieux habits dans les magasins de style  »friperies », puis d’essayer d’acheter ses vêtements dans ces mêmes commerces. On peut y dénicher plusieurs morceaux assez  intéressants à faibles coûts, ce qui favorise la réutilisation des vêtements, plutôt que d’acheter neuf en encourageant les entreprises qui exploitent leurs travailleurs.

Plusieurs grandes compagnies font elles aussi leur part en employant des matériaux recyclés afin de confectionner des jeans faits avec des fibres de plastique récupérées dans les océans. Il est aussi possible de créer des maillots de soccer à partir de vieilles bouteilles de plastique. Il en faut seulement 18 pour créer un uniforme!

La mode peut être aussi néfaste pour l’environnement qu’elle peut être belle et amusante pour nous. Elle peut même détruire la vie de plusieurs milliers de personnes qui travaillent dans ces usines de textiles. Nous avons le pouvoir de changer les choses en encourageant les entreprises locales. Ces morceaux de vêtements sont peut-être un peu plus chers, mais tellement meilleurs pour notre planète.

Références :

La Presse

Gaia et Dubos

 

Ce contenu a été publié dans Bangladesh, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *