La Suède : libérée de ses ordures

Par Stéphanie Carrière et Nicolas Madore (2013)

La Suède : libérée de ses ordures

Trop de déchets !

 

Depuis le début de la révolution industrielle du XIXème siècle, le rythme de production ainsi que le nombre de biens produits a décuplé. Qui dit production dit consommation et qui dit consommation dit déchets. En effet, la production de déchets par habitant a augmenté en flèche et non pas pour le bien de la planète. De plus, elle est en constante expansion. Par exemple, si on prend le Canada, de 2000 à 2004, la production de déchets moyenne, par habitant, est passée de 366 kilogrammes à 418 kilogrammes par année. De plus, l’accumulation de déchets comporte son lot de problèmes. Les énormes monticules de déchets polluent la nappe phréatique, notamment par les écoulements d’eau. L’air s’en trouve aussi contaminé, car les déchets, en se décomposant, produisent du CO2 et d’autres gaz à effet de serre, comme le méthane, un GES 21 fois plus puissant que le gaz carbonique. Les sites d’enfouissement représentent aussi une pollution visuelle ; on ne peut pas dire que ces gros tas de déchets soient beaux à voir. En plus de tous ces problèmes, un autre vient s’ajouter : ils prennent de la place. Les dépotoirs occupent de plus en plus d’espace tant notre production est énorme. Nous ne pouvons pas compter sur la biodégradation pour limiter l’accumulation. En effet, certains déchets, entre autres le plastique et le métal, peuvent rester des décennies, voire des siècles sur le site jusqu’à leur décomposition totale.

Le problème alarmant que présente l’accumulation de déchets semble, à première vue, difficilement surmontable. Pourtant, certains pays y sont parvenus.

C’est le cas de la Suède, pays scandinave du nord de l’Europe. Ce pays est reconnu mondialement pour ses actions novatrices portant sur l’environnement. La Suède a fait de nombreux pas vers un avenir plus vert et ce, dans plusieurs branches. Par exemple, dans la branche des pluies acides, ses émissions annuelles d’oxydes de soufre sont passées de 3400 à 196 tonnes. Ses rebus chimiques, quant à eux, ont aussi grandement diminué : les rejets annuels de chlorure d’hydrogène sont passés de 8400 à 60 tonnes et ceux de plomb sont passés de 25 000 kg à 51kg. Mais son amélioration la plus frappante (et sur laquelle nous allons nous concentrer) reste l’aménagement de ses déchets : seulement 1% des déchets du pays se retrouve dans les décharges.

La solution

Où se retrouve donc le 99% restant ? Sur ce 99%, 36% sont recyclés, 14% se retrouvent compostés et, il ne faut pas l’oublier, 49% sont incinérés. C’est principalement l’incinération de détritus qui est la clé de la solution à leur surplus.

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En plus d’économiser de l’espace (moins de déchets au dépotoir = plus petits dépotoirs), les Suédois ont fait d’une pierre deux coups : ils produisent de l’énergie avec les déchets. Le procédé, semblable à celui du gaz naturel (on brûle des déchets à la place du gaz naturel), est plutôt efficace : selon le Swedish Waste Management, la combustion des ordures génère 20% du chauffage urbain du pays, soit 810 000 foyers et approvisionne en électricité 250 000 foyers supplémentaires. Cet ingénieux procédé est tellement efficace que le rythme de combustion des déchets est supérieur à celui de production du pays. La Suède a complètement éradiqué son surplus de déchets ! Elle l’a tellement résolu, qu’elle aide maintenant ses voisins à résoudre le leur. En effet, annuellement, elle importe approximativement 800 000 tonnes de déchets de la Norvège pour alimenter la trentaine d’incinérateurs éparpillés à travers son territoire.

L’envers de la médaille

Cette solution n’est cependant pas totalement parfaite. L’incinération de détritus produit de grandes quantités de CO2. De plus, la construction de grosses centrales de ce genre peuvent détruire le paysage. Heureusement, grâce à certains ingénieurs et scientifiques, les incinérateurs sont de plus en plus performants et de moins en moins volumineux. On peut donc dire que ces centrales résolvent beaucoup plus de problèmes qu’elles n’en créent.

Le secret

C’est bien beau tous ces chiffres, mais comment la Suède y est-elle parvenue ? Pourquoi s’est-elle dirigée vers une économie écologiquement responsable, alors que la plupart des autres pays se dirigent vers le sens opposé ? Par manque de combustibles fossiles dans le sous-sol suédois, le pays s’est tourné vers les énergies renouvelables. Cette situation a aussi fait en sorte que la sauvegarde de l’environnement est, en général, devenue une priorité des politiciens et du peuple. C’est pour cette raison que l’économie du pays est plus écologiquement responsable que la moyenne.

Une solution pour l’avenir ?

L’incinération de déchets est définitivement une avenue que nous devons explorer davantage si nous voulons réduire notre poids sur cette planète. Cette technique combinée au stockage éventuel des rejets de CO2,  les déchets pourraient ne plus représenter un problème. La Suède, avec son faible taux de chômage (6,2% en 2008), son indice de développement humain élevé et son économie en bonne santé, est un exemple concret qu’économie et environnement peuvent fonctionner ensemble.

 

Wikipédia

Wikipédia

Écologie Blog Le Monde

Statistiques Canada

Huffington Post Québec

RFI

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