Le cinéma vert

Yann Lagarde et Samuel Majeau (2021)

Depuis plus de 100 ans, nous créons et publions des œuvres cinématographiques comme bon nous semble, mais il y a des difficultés à établir des compromis entre la liberté artistique et le respect de l’environnement.  Selon une étude menée à l’Université de Californie à Los Angeles, l’industrie du cinéma serait la deuxième industrie la plus polluante de la région après les raffineries.

Description du problème

En effet, beaucoup de productions ont besoin de construire des décors, pour parfois les détruire. Le reste est jeté. On évalue qu’environ 30 000 tonnes de matériaux pour les décors ont ainsi été jetés en 2019 au Québec. Il ne faut pas oublier les effets spéciaux qui, selon une étude de l’Université de Californie à Los Angeles, auraient relâché 144 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère de cette région en 2006. Le transport du personnel entre les différents lieux de tournage a aussi un impact important. Par exemple, lors du tournage de « Mektoub my love », l’équipe de tournage entière auraient été au Portugal pour filmer une scène qui ne sera finalement pas utilisée. Par la suite viennent la promotion et la diffusion dans le monde, ce qui n’est pas de tout repos pour notre planète. En 2010, les spectateurs français auraient émis 308 000 tonnes de CO2 pour se déplacer vers les salles de cinéma.

Solutions

Au niveau des solutions pour remédier à ce problème, beaucoup vont penser à des acteurs ou des actrices activistes (Cate Blanchett, Leonardo Dicaprio) qui ont participé à des campagnes pour l’écologie. D’autres vont plutôt penser à des films dont le but est de conscientiser les gens à la sauvegarde de la nature comme « Wall-E ». Il y a cependant un problème avec ces solutions, elles n’imposent aucune mesure concrète ou obligatoire, elles demeurent de beaux gestes néanmoins, mais n’empêchent pas qu’un producteur choisisse d’utiliser des moyens polluants pour sauver de l’argent, le cinéma étant une industrie après tout.

C’est là qu’Ecoprod entre en jeu. Ce collectif français, lancé en 2009 qui œuvre comme consultant en audiovisuel, a créé un calculateur d’empreinte carbone pour les productions cinématographiques. Dans ce calculateur, il faut indiquer à peu près tout ce qui sera utilisé lors du tournage et de la post-production en plus de tenir compte des déplacements et de la promotion de l’œuvre. Même si ça a l’air très long à faire, il suffit d’environ 30 à 40 minutes pour répondre aux questions du calculateur qui propose aussi des solutions pour réduire l’impact écologique comme l’utilisation de décors loués ou recyclés au lieu d’acheter des décors puis de les jeter, la réduction des déplacements inutiles et de l’utilisation de bouteilles d’eau jetables remplacées par des gourdes, etc.

Puisque les organisations signent avec Ecoprod, elles s’engagent à respecter les suggestions d’Ecoprod. Cependant, si une production ne respecte pas son engagement, les experts du collectif suggèrent une « taxe pollueur payeur ». En France, Ecoprod est composée de 9 organisations dont le CNC, TF1 et France Télévision. Ces organisations soumettent leurs productions à ce test. Bien que le cinéma français ait moins d’impacts environnementaux que le cinéma américain, le Centre National Cinématographique est tout de même l’organisation qui finance les superproductions françaises. Elle peut donc, dans le futur, influencer d’autres pays et d’autres boîtes de production à faire de même.

Références:

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