Le déboisement en République Démocratique du Congo

Par Évelyne Desrosiers-Poitras et Catherine St-Aubin (2011)

Le déboisement en République Démocratique du Congo

 

La République Démocratique du Congo est un pays de l’Afrique centrale. Ce pays va de l’océan Atlantique jusqu’au plateau de l’est, il forme la plus grande partie du bassin du fleuve Congo. Le nord de la république démocratique du Congo est un des plus grands domaines de forêt équatoriale au monde. Au sud et au centre, un plateau riche en minerais est formé. Il a une population d’environ 72 millions d’habitants, ce qui fait qu’il est le plus habité des pays francophones.

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Problème

 

La République Démocratique du Congo a la deuxième masse la plus grosse de forêts tropicales humides  au monde, après l’Amazonie. Elles contiennent une grande faune et une biodiversité unique. Elles sont essentielles à la survie d’espèces animales, mais elles le sont encore plus pour la population du pays, car on estime que 40 millions de Congolais dépendent de ses ressources.  Par contre, ils n’auront  pas toute cette richesse pour longtemps, puisque l’un des problèmes principaux de ce pays est le déboisement. En effet, leur gouvernement a légalisé 15 nouveaux titres forestiers dans les forêts tropicales de leur pays, en février 2011, malgré le moratoire instauré en 2002. En ce jour, il y a, au total, 25 millions d’hectares de forêts denses qui ont été détruits par  quelques groupes forestiers, ceci sur un total de 60 millions d’hectares exploitables. De plus, 10 millions d’autres hectares de forêts sont en danger, car, en janvier 2011, le Ministère de l’Environnement a annoncé qu’il lèverait prochainement le moratoire. Pour en rajouter encore davantage, la déforestation de la forêt tropicale de la planète produit la même quantité de gaz à effet de serre  que les États-Unis, ce qui est plus de 20% des émissions mondiales de gaz carbonique.

Causes et conséquences

 

Causes

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Le bois utilisé pour les habitants

L’une des principales causes de la coupe de bois est la faible disponibilité de l’électricité dans le pays. Moins de 7 % des habitants ont accès à de l’électricité. Les habitants ruraux n’ont d’autres solutions, pour la cuisson de leurs aliments, que d’utiliser le bois ramassé ou coupé dans la forêt.  Donc, les fournisseurs de bois coupent aveuglément les arbres alors qu’ils pourraient faire une coupe de bois sélective pour laisser la forêt se reconstituer d’elle-même, car, avec cette méthode, ils peuvent subvenir à leurs besoins.

L’agriculture

L’agriculture est aussi une cause de la déforestation, car, après le déboisement, les agriculteurs se servent de cette terre pour la cultiver. Ceux -ci  n’ont pas de machineries modernes, donc ils utilisent la houe, ils n’ont pas non plus de semences améliorées ni aucun engrais pour augmenter leurs profits. Donc, après deux ou trois cycles de culture, la terre perd sa fertilité, alors les agriculteurs sont obligés de changer de place continuellement.

Les feux de brousse

Les feux de brousse sont une pratique courante dans les régions de savanes et de forêts, elle consiste à allumer un feu dans les forêts pour défricher les terres. Cette technique est utilisée par les agriculteurs et par les chasseurs. Par contre, ce sont surtout les feux de brousse tardifs, ceux qui se font vers la fin de la saison sèche, qui ont un effet dévastateur sur les végétaux. De plus, cette pratique contribue à la régression des forêts.

Conséquences

 

Perte d’hectares et de forêts

Selon une étude des chercheurs du « Woods Hole Research Center », les compagnies forestières choisissent les arbres à haute valeur comme les acajous africains. Ils rappellent aussi le lien entre la déforestation et le changement climatique. Par exemple, la destruction par année de 15 millions d’hectares est égale à 1,5 milliard de tonnes de carbone dans l’atmosphère. Par la suite, l’organisme Greenpeace a évalué que la République Démocratique du Congo va sûrement perdre 40% de ses forets d’ici 2050.À cause de la déforestation, 34,4 milliards de tonnes de CO2 seront libérées.

Milieu urbain et rural

En milieu urbain, il y a une augmentation, qui ne cesse jamais, du prix du charbon de bois. N’oublions pas que le charbon est la principale source d’énergie utilisée par les habitants. Par contre, les conséquences sont beaucoup plus importantes en milieu rural, en voici quelques-unes : le manque de matériel de construction pour les habitations est de plus en plus grand dans la population locale. De plus, la disparition des arbres détériore énormément les écosystèmes forestiers. Ainsi, plusieurs produits de cueillette comme le miel, les champignons et les chenilles disparaissent, ce qui fait que les paysans manquent de revenus et que le risque de malnutrition est élevé dans le monde rural. En d’autres mots, elle appauvrit la population et menace sa santé. Cependant, la conséquence principale  dans les deux milieux est l’érosion des sols et , comme on le sait, elle diminue la fertilité des sols et cause des inondations.

Pour l’agriculture, la détérioration des écosystèmes forestiers  affecte le rendement des cultures. Par exemple, dans la région de Lubumbashi, elle amène, entre autres, une diminution de la production de biomasse, ce qui contribue à diminuer la fertilité des sols. Et au plan biologique, la disparition de plusieurs espèces végétales entraîne une diminution de la biodiversité.

Solutions

 

Pour diminuer la consommation  de charbon de bois, quelques solutions ont été proposées. En voici quelques exemples :

À court terme

 

Il faut inciter les habitants à utiliser l’énergie électrique. Pour y arriver, il faut que le prix de l’électricité soit réduit de beaucoup. Pour les familles qui ont peu d’argent, il faut même penser à leur en fournir gratuitement. Cette solution doit être suivie par la distribution des plaques chauffantes aux ménages. Aussi, elle doit être soutenue par la communauté internationale, car elle aidera à réduire la production des gaz à effet de serre. Cette solution, à long terme, pourrait être rentable pour les pays, car ils sauveraient beaucoup d’argent qu’ils dépensaient à raser les forêts. Voter une loi qui interdit la fabrication de charbon de bois à des fins commerciales, enrôler tous les fabricants de charbon dans des brigades agricoles qui s’occupent du reboisement et réglementer la pratique des feux de brousse en interdisant ceux qui sont tardifs, sont d’autres solutions qui pourraient être envisagées.

À long terme

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Si le principe de reboisement est admis par tout le monde, mais que le débat n’est pas encore tranché sur le choix de ce qu’il faut planter, on peut utiliser l’idée de certains qui veulent que l’on plante les espèces indigènes pour conserver la biodiversité et pour permettre aux forêts  de continuer à remplir toutes leurs fonctions dans la société. Cependant, ces espèces se développent lentement, mais une expérience montre que, lorsqu’un bout de forêt est épargné par le déboisement, il se reconstruit rapidement. Donc, même sans reboiser, il est faisable de refaire les forêts en les protégeant.

Sources

 

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