Les bélugas menacés d’extinction?

Par Sarah Côté, Mélissa Cruz Brunette et Mylène Labelle (2014)

Les bélugas menacés d’extinction?

Une petite présentation

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La baleine blanche, un mammifère marin bien adapté à la vie dans les eaux froides, est mieux connue sous le nom de béluga. Aux alentours de 1885, on comptait environ 10 000 bélugas dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Étant une espèce arctique, le béluga de l’estuaire, qui y vit depuis près de 7000 ans, est celui qui se situe le plus au sud. Ces bélugas sont les seuls qui restent à l’année longue dans le Saint-Laurent. En été, les groupes de bélugas, peuvent se déplacer de Saint-Jean-Port-Joli jusqu’à Rimouski ou bien ils peuvent se diriger en direction de Saint-Fulgence dans la rivière Saguenay, tandis qu’en hiver, ils préfèrent  les eaux de l’estuaire maritime et du golfe du Saint-Laurent, car la glace y est moins dense. Ce mammifère marin, qui peut mesurer jusqu’à six mètres de long, est plus grand que la majorité des dauphins, mais beaucoup moins que les baleines en général. Les bélugas se nourrissent habituellement d’une grande variété de poissons, de céphalopodes (calmars) et de crustacés (crevettes) qu’ils peuvent retrouver  à une profondeur moyenne  de 300 mètres bien que ces baleines blanches peuvent atteindre deux fois cette profondeur. Les bélugas femelles donnent naissance à leur baleineau environ tous les trois ans, ainsi cela peut limiter l’augmentation de leur population dans l’estuaire…

Les problèmes qu’ils rencontrent

Malheureusement, nous pouvons compter à présent une population d’environ 1000 individus dans l’estuaire du Saint-Laurent, soit une réduction de 90% du nombre  de bélugas depuis 1885. Cette réduction est dramatique! Entre autres, ce qui a affecté au départ  ces mammifères marins  a été la chasse massive de ceux-ci qui a débuté dans les années 1920. Les pêcheurs de cette époque avaient observé  une réduction de morues, de saumons  et d’autres poissons d’intérêt commercial, alors, ils ont donc soupçonné les bélugas  d’être la cause de ce gros problème. Fichier:Cuir de béluga (Delphinapterus leucas).jpg

Cuir de béluga.  Source

En 1928, après cette constatation, le gouvernement québécois a mis sur pied un programme allouant une prime de 15$ pour tout pêcheur qui abattait un béluga. C’est environ une vingtaine d’années plus tard, en 1938, qu’une étude fut réalisée afin de démontrer que les bélugas n’étaient pas responsables de cette diminution de poissons. Ainsi, en 1946, cette recherche conclue à l’innocence de ceux-ci. Heureusement, cette chasse exterminatrice a donc été, par la suite, arrêtée. Une loi sur les pêcheries fut mise en place, en 1979, afin d’améliorer la situation des bélugas dans l’estuaire du Saint-Laurent. Il est interdit, dès ce moment, de chasser, de tuer, de pourchasser ou de déranger délibérément ces baleines blanches.

Les facteurs nuisibles à leur rétablissement

Les bélugas éprouvent toujours de la difficulté à rétablir leur population. Plusieurs facteurs nuisent d’ailleurs à la reproduction  et au rétablissement de l’espèce, tels que le dérangement humain, la circulation maritime (les pièges de pêcheurs, les brise-glaces, les collisions avec des bateaux, les bruits de moteurs…), les changements climatiques ainsi que la pollution. Tous ses facteurs contribuent à la dégradation de l’habitat des bélugas.  Également, la température changeante des eaux de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent peut d’ailleurs provoquer un bouleversement chez les proies des bélugas. De plus, depuis quelques années, le nombre de naissances chez les bélugas est très bas comparé au nombre de mortalités qui est plutôt élevé. De nouvelles toxines sont présentes dans leur habitat, la plus nocive d’entre elles, l’ignifuge polybromé, est connue pour la perturbation qu’elle créée de l’activité de la glande thyroïde. Cette glande est très importante lors de l’accouchement, mais, puisque l’activité de celle-ci est bouleversée, les femelles en meurent. En 2007, 10% de celles-ci étaient retrouvées mortes sur les rives de l’estuaire, tandis qu’en 2012 ce taux grimpait à 60%. Si nos bélugas étaient en santé, leur nombre aurait dû doubler depuis 1980!

Les interventions

En 1990, plusieurs interventions ont été mises sur pied afin de rétablir cette population de bélugas. L’une des plus importantes interventions a été la création du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent par Parcs Canada et Parcs Québec. Il est le premier parc au Québec à protéger exclusivement le milieu marin et à être géré par les gouvernements canadien et québécois. Ce parc marin vise, entre autres, la sensibilisation du public vis-à-vis ce gros problème d’extinction massive chez les bélugas. De plus, en 2002, il y a eu  la création du Règlement du réseau des activités d’observation en mer, élaboré avec la collaboration des gens qui pratiquent des activités sur les eaux de ce parc marin. Le but de ce règlement est de réduire le dérangement causé par les humains sur les eaux qui est l’un des facteurs importants qui nuit au rétablissement de cette espèce dans le Saint-Laurent.  À ce jour, il est interdit, dans ce parc, d’approcher un béluga  à moins de 400 mètres quel que soit le type d’embarcation ou l’activité nautique pratiquée. Également,  il y a maintenant un Réseau québécois Urgences mammifères marins pour pouvoir secourir ceux-ci si jamais ils sont en difficulté dans les eaux du Saint-Laurent.

Un programme de recherche bien pensé!

En 1988, l’Institut national d’écotoxicologie du Saint-Laurent (INESL) avait créé une campagne intitulée « Adoptons un béluga ». Pour devenir le parrain d’une de ces baleines blanches du Saint-Laurent, on doit payer une somme de 5000$. À ce jour, une centaine de bélugas ont été adoptés, nommés et protégés par des entreprises,  des groupes étudiants, des municipalités, etc… Cette importante source d’argent contribue, par la suite, à poursuivre des programmes de recherche et de sensibilisation. Ces programmes sont nécessaires pour répondre à une série de questions, encore aujourd’hui sans réponse, mesurer le succès des efforts de protection mis en place et suivre la population de ces mammifères marins. De plus, les efforts déployées pour repérer et récupérer les carcasses de bélugas à la dérive ou échoués sur les rives du Saint-Laurent permettent d’en retrouver de 15 à 25 malheureusement décédés. Ainsi,  l’INESL peut faire, par la suite, des recherches sur les causes de ces morts, en les transportant à Saint-Hyacinthe, à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. Comme vous avez pu le constater, plusieurs programmes sont mis en place pour aider au rétablissement de l’espèce et ainsi connaître les vraies causes qui peuvent les mener à disparaître.

Pour en savoir un peu plus, consultez nos liens ci-dessous! Source     Source      Source Source    Source        Source      Source    Source    Source

 

Voici un lien pour vous présentez une carte de l’habitat des bélugas du St-Laurent, dans la région du Québec: Source

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