Les lémuriens lancent un dernier cri d’appel

Par Julya Ladéroute et Laurie Gauthier (2016)

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Le nombre d’espèces en voie de disparition ne cesse d’augmenter à cause des problèmes environnementaux causés par les humains. C’est une triste réalité. 875 espèces connues ont totalement disparu de la surface de la planète à cause de l’humain.

Problème :

Les lémuriens font partie de la liste critique des animaux à protéger. Vivant dans des groupes pouvant aller jusqu’à trente individus, ils font partie de la famille des primates, comme les singes et nous mêmes, les humains. On les trouve en milieu tropical à Madagascar et aux Comores (en Afrique). Ils vivent pour la plupart dans des arbres, se nourrissant de fruits, de feuilles, d’insectes, d’herbe, d’oiseaux et des œufs de ceux-ci. Ils sont donc omnivores. Les différentes espèces de lémuriens varient en couleur et en taille. Ils vivent en moyenne jusqu’à 15 ans, mais ce chiffre est aujourd’hui menacé et c’est pourquoi nous devons les aider.

20% du territoire de Madagascar est recouvert par la forêt. Ceci représente 13 millions d’hectares. À tous les ans, de 200 000 à 300 000 hectares de forêt disparaissent. Ceci est dû principalement au développement de la culture des terres (pour le maïs, entre autres) sur abattis-brûlis appelé «hatsake» à Madagascar. On défriche aussi la forêt pour laisser place à l’arrivée accrue d’immigrants. L’État de son côté, n’exerce aucun contrôle de la forêt la laissant aux mains des habitants de la région. On retrouve également, dans ces forêts, un bois précieux, du bois rose, appelé «bolabola». La culture de maïs est intégrée au marché national de l’île et est donc une source de revenus importante pour les habitants. L’agriculteur défriche sa terre en la brûlant et l’utilise durant plusieurs années consécutives, jusqu’à appauvrir le sol, pour ensuite l’abandonner. On est loin, ici, d’une agriculture durable.

Un autre phénomène tout autant inquiétant est lié à la pauvreté du pays. Cette pauvreté  pousse la population à chasser les lémuriens illégalement, pour se nourrir. Cette chasse sépare les membres d’un même groupe de lémuriens, laissant les autres vulnérables et ainsi plus faciles à capturer. Il y a aussi un commerce illégal de ces petits lémuriens convoités en tant qu’animaux domestiques. On en retrouve également dans certains hôtels qui les gardent captifs pour attirer les touristes.

La crise politique

Tous ces problèmes sont liés principalement par la même source : la crise politique qui a éclaté en 2009, à Madagascar, lorsque le maire Andry Rajoelina a pris le pouvoir sans constitution, rejeté ainsi par la communauté internationale. Cet événement a créé des incertitudes chez les investisseurs privés ce qui à freiné la croissance de l’économie de Madagascar qui avait un potentiel énorme. En effet, la croissance économique y était de 5% par année avant la crise. Malheureusement cela a eu pour effet une croissance nulle de 2009 à 2013. La crise politique a donc entraîné une crise économique aggravant la situation sociale du  pays, laissant aujourd’hui 92% de la population vivre avec moins de 2 dollars par jour. S’ajoutent à ceci une augmentation de 50% de la malnutrition des enfants et plusieurs autres problèmes. Les Lémuriens se retrouvent au milieu de cette crise. 93 des 105 espèces de lémuriens qui existent sont menacées d’extinction et, si malheureusement rien n’est fait, elles risquent de disparaître complètement d’ici 20 ans.

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Solutions:

Organisations qui contribuent à la cause

La meilleure alternative serait de sortir Madagascar de la crise économique dans laquelle elle se retrouve, en se regroupant et en discutant de solutions.

Pour le moment, il est également important de travailler sur le terrain pour sauver les lémuriens. Tout d’abord, des organisations non gouvernementales (ONG), environnementales et des experts ont élaboré un plan de sauvetage évalué  à 7,6 millions de dollars pour 3 ans.  Ce plan prévoit la protection de l’habitat, l’amélioration des moyens de subsistance des paysans, le développement de l’écotourisme qui valorise la durabilité des ressources naturelles et la lutte contre la consommation de viande sauvage. Il inclut aussi une contribution importante des communautés locales et une sensibilisation environnementale à tous les niveaux de la part des autorités. Ils font donc appel à la population mondiale pour financer leur projet.

D’autres organisations, comme le WWF (fonds mondial pour la nature) se concentrent sur l’habitat des lémuriens avec des plans de reforestation, la délimitation de zones protégées, ou encore des actions anti-braconnage organisées grâce à la mise sur pied de patrouilles. Le WWF veut débuter avec 2 patrouilles de 8 gardes-chasses chacune dont les salaires devraient tourner  autour de 840 euros au total pour une année, sans compter le matériel, l’équipements pour le suivi terrain, des GPS, appareils photo, tentes, sacs à dos..). À cela se rajoute aussi la formation. Des coûts évalués, au total, à 5470 euros. Et plus nous serons nombreux à contribuer, plus il sera possible de recruter et former des  gardes-chasse (rangers) pour ainsi étendre la surveillance à d’autres régions et imaginer ce projet à long terme.

Certaines organisations, pour leur part, sonnent l’alarme, telles l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), afin de sensibiliser les populations. D’autres amassent des fonds,  comme l’Association Européenne pour l’Étude et la Conservation des Lémuriens (AEECL) à but non lucratif,  pour agir directement sur le terrain, entre autres à Madagascar, où les lémuriens vivent dans leur milieu naturel.

Implication de la population locale

Une des choses qui doivent changer dans les communautés locales est la méthode du brûlis. Comment y parvenir? D’abord en les informant des dégâts causés par cette méthode et ensuite en apportant d’autres solutions. Par exemple, il est possible d’utiliser la rotation des cultures pour ne pas appauvrir les sols. L’agriculture intensive qui fragilise et met même l’environnement en péril peut également être remplacée par des méthodes d’agriculture biologique ou durable. Cela peut permettre un développement économique dans le respect et la préservation de la faune et de la flore.

Implications internationales

D’autres efforts ont été mis en place dont la création du parc national de Sahamalaza qui abrite de nombreuses espèces de lémuriens.

On retrouve également des populations de lémuriens captives dans des zoos. On peut en retrouver en Europe (Apeldoorn, Banham…), et aux États-Unis (Cleveland, Duke Primate Center…) Cette approche est efficace pour sensibiliser un large public à la disparition des lémuriens, à la situation de Madagascar. Cela peut favoriser la récolte de fonds afin de financer des recherches sur ces populations captives pour ainsi mieux connaître l’espèce et établir des stratégies. Par contre la réintroduction de nouveaux-nés se fait rare et n’est donc n’est pas fiable, pour l’instant, pour la réintroduction en milieu sauvage de l’espèce.

C’est en se regroupant et en contribuant de différentes manières que nos efforts porteront fruits.

Références:

allAfrica,

naturealetre

Ulule

Especes-menacees

IRD

La banque mondiale

Sciences et avenirs

Vice News

Org **

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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