Les plantes, une ressource potable ?

Par Marie-Ève Masse et Lyzanne Montpetit (2012)

Les plantes, une ressource potable ?

Phyto1

Situation globale

De nos jours, l’eau est une des ressources les plus polluées de la planète. La Terre ne contient qu’une quantité minime d’eau douce, soit 3% et nous, les humains, continuons de la gaspiller pour ne compter seulement que sur les profits. Le capitalisme est l’engrenage principal qui fait rouler le monde entier et celui-ci rend aveugle les grandes entreprises sur les impacts qu’ont leurs gestes sur l’environnement.

Pour revenir au problème, la pollution de l’eau se fait par plusieurs moyens. Voici quelques exemples globaux de la situation. Tout d’abord, il y a la pollution thermique qui correspond à une augmentation ou une diminution drastique de la température de l’eau, ce qui menace la biodiversité que celle-ci contient. Elle peut s’expliquer par le déversement d’eaux de traitement et les rejets d’eau de refroidissement des centrales hydroélectriques.  La pollution de l’eau peut venir des rejets industriels, domestiques et agricoles.

Pour donner un exemple plus concret à ce que nous avançons, prenons un aperçu global de ce qui se passe présentement dans l’Asie du sud-ouest. Au Vietnam, on peut compter près de sept millions de personnes qui seraient susceptibles de développer un empoisonnement chronique à l’arsenic puisque un quart des puits d’eau potable dans la région densément peuplée du delta du Fleuve Rouge contient une concentration trop élevée en arsenic qui peut être une cause de cancer, de problèmes neurologiques ou d’hypertension.

Pour préciser, le delta du Fleuve Rouge compterait une population de 16.6 millions d’individus. Dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences, les chercheurs ont également déclaré que 44% des puits dans le delta contenaient des niveaux de manganèse dépassant les standards de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). « Soixante-cinq pourcents des puits de nappes phréatiques dans le delta du Fleuve Rouge contiennent des éléments toxiques naturels, à des niveaux qui excèdent les standards de sécurité de l’OMS » a déclaré Michael Berg, un scientifique de l’Institut Fédéral Suisse des Sciences et des Technologies Aquatiques. L’empoisonnement à l’arsenic ne se fait pas seulement au Vietnam. Elle se fait aussi dans  l’Argentine, l’Australie, le Bangladesh, le Chili, la Chine, la Hongrie, l’Inde, le Mexique, le Pérou, la Thaïlande et les États-Unis.  Pour l’OMS, si on retrouve plus de 10 microgrammes d’arsenic par litre d’eau, elle est non potable. Un empoisonnement chronique peut conduire à une accumulation d’arsenic dans la peau, les cheveux et les ongles, conduisant à une pigmentation de la peau, à de l’hypertension et à des dysfonctionnements neurologiques. Un empoisonnement à l’arsenic serait la source aussi du cancer de la peau, des poumons, de la vessie, et des reins.

Solution

Une des solutions possibles pour remédier à ce problème est la phytoremédiation, qui se définit comme étant la dépollution des sols, l’épuration des eaux usées ou l’assainissement de l’air intérieur en utilisant des plantes vasculaires, des algues ou des champignons. L’étymologie de ce mot vient du grec « phyton » qui signifie plante et du latin « remedium » qui signifie rétablissement de l’équilibre. Ce concept n’est pas une nouvelle idée, puisqu’il était déjà utilisé il y a 3000 ans par les hommes qui se servaient de leurs capacités épuratoires pour le traitement de leur eau. Ce n’est que tout récemment, en 1970, qu’il a trouvé un regain d’intérêt pour le traitement des pesticides et des métaux. À plusieurs endroits en France, on utilise la phytoremédiation. Au parc de l’île à Nanterre, on s’en sert pour épurer l’eau de la Seine.

Cette solution est un ensemble de technologies utilisant les plantes pour réduire, dégrader ou immobiliser les composants organiques polluants du sol, de l’eau ou de l’air provenant de l’activité humaine. Nous axerons davantage notre information sur la dépollution de l’eau, qui a pour nom la phytorestauration. À la base, cette méthode repose essentiellement sur les interactions  entre les plantes et les micro-organismes.

Principe de décontamination

Globalement, les plantes vont soit absorber le contaminant pour le métaboliser ou le stocker, soit réduire voire empêcher la libération du contaminant dans d’autres milieux de l’environnement. Pour les composés organiques, ils peuvent être dégradés ou métabolisés pour la croissance de la plante, ce qui élimine donc le polluant. Lorsque le composé est inorganique et néfaste pour l’environnement (les métaux, les métalloïdes ou les radionucléides), la plante ne peut que le stocker, car ce n’est qu’une matière non biodégradable. Pour pouvoir les dégrader, il faudrait utiliser les méthodes suivantes : la phytoextraction qui se définit comme étant l’absorption des matières inorganiques polluantes par les plantes dans leurs parties récoltables (feuilles et tige) pour ensuite être incinérées et ainsi récolter les métaux absorbés.

D’autres approches existent, telles la phytostabilisation.  Cette dernière consiste en l’utilisation d’un couvert végétal tolérant ou hyper tolérant aux polluants présents dans un sol pour le confiner partiellement en limitant leur transfert à l’homme et leur dissémination dans l’environnement par érosion éolienne (par le  vent) ou hydrique (par l’eau), ainsi que le lessivage (c’est l’entraînement hors de portée des racines des plantes de substances, nutritives ou non, par un mouvement descendant suivant les eaux d’infiltration). En gros, elle permet simplement de réduire la mobilité des contaminants.

Phyto2

Types de plantes utilisés

• Le typha :

C’est une plante très résistante qui peut être utilisée pour les cas de pollution les plus désespérés. Elle a la  capacité de dépolluer les eaux qui sont à la limite de l’asphyxie (lisiers, eaux de décharges). Elle est aussi très performante dans les milieux où il y a très peu d’oxygène (anoxie). Elle biodégrade les produits pétroliers, les H.A.P (des molécules constituées d’atomes de carbone et d’hydrogène, mais dont la structure comprend au moins deux cycles aromatiques condensés) et elle résiste à tout.

• Le carex :

Cette plante regroupe plus de 2000 espèces réparties dans de nombreuses régions à travers le globe. Elle est performante en phytorestauration : avec ses racines acides, actives toute l’année, elle est efficace contre la plupart des germes et des virus (désinfection) et elle piège la plupart des métaux lourds.

• Le roseau :

C’est la plante filtrante la plus utilisée au monde pour dépolluer les eaux usées soit sous forme de filtre alluvionnaire végétalisé ou sous forme de bassin planté. Un filtre alluvionnaire est un type de barrage qui empêche les matières polluantes de le traverser et, ainsi, les emprisonnent. Un bassin planté est une technique d’épuration par cultures fixées de bactéries sur support (ou massif) végétalisé. En transportant de l’oxygène pur dans ses rhizomes (la partie souterraine et parfois subaquatique de la tige de certaines plantes vivaces), le roseau est très performant pour traiter les charges organiques. Aujourd’hui, il est utilisé pour traiter les boues urbaines.

• Le saule :

C’est une plante idéale pour la phytoremédiation et la phytorestauration. Ses racines structurent le sol et favorisent la dégradation des polluants. Aussi, elle est souvent utilisée pour la phytoextraction des métaux lourds (dépollution des sols). De plus, elle permet l’évapotranspiration des effluents pour éviter les rejets à l’extérieur d’un site traité. L’évapotranspiration n’est que la transpiration des plantes. Le rôle de la transpiration chez les végétaux est multiple : elle est le moteur de la circulation de la sève brute dans le xylème, elle favorise dans une certaine mesure le rafraîchissement des plantes et elle permet le transfert des sels minéraux aux endroits où la plante en a besoin, principalement dans les feuilles qui sont le siège de la photosynthèse. En somme, lorsque les matières toxiques se retrouvent dans les feuilles de la plantes, nous pouvons alors les récolter et ainsi dépolluer les sols.

Conclusion

La solution de traiter les eaux usées par les plantes est une bonne solution peu coûteuse, mais qui prend du temps à cause de la croissance des plantes. Avec la vitesse à laquelle nous vivons tous les jours, laisserions-nous la nature nous aider à son rythme au lieu de vouloir toujours aller plus vite ?

 

Actualités news environnement

AquaPortail

AquaTiris

Au jardin

Geograph

Geograph

Wikipédia

Wikipédia

Ce contenu a été publié dans Vietnam. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *