Végétarisme pro-environnement

Par Krystina Desrosiers-Poitras, Mélissa Fortier et Louis-Philippe Thauvette (2013)

Végétarisme pro-environnement

 

Nos traditions et croyances peuvent influencer grandement certains aspects de notre vie, dont celui de l’alimentation. Comme nous le savons tous, la viande est très présente dans nos repas et elle est soumise à plusieurs de nos rituels et traditions. Elle fait partie de notre alimentation depuis le début de notre existence et, malgré notre évolution constante, certaines façons de penser sont restées. Cependant, une question existentielle au bien-être de notre société est inévitable : est-ce que l’abondance de la viande dans nos repas a un impact néfaste sur l’environnement ? Eh bien, la réponse est oui ! Les preuves et statistiques pour le prouver ne manquent pas, car même si ce problème se fait beaucoup plus ressentir en Chine, principal pays producteur de viande, l’enjeu auquel nous faisons face est d’ordre mondial. Le texte suivant traitera de la problématique qu’est la consommation de viande sur notre environnement et d’une solution possible pour y remédier.

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Le végétarisme.
Ce sont plusieurs aliments que nous retrouvons dans le végétarisme.  Le lien de cette photo : http://commons.wikimedia.org/wiki/File :Vegetarian_diet.jpg

La consommation de viande a un impact sur toutes les sphères de notre vie. Le gaspillage de sol relié à la production de viande est certainement celui dont on entend le plus souvent parler. En effet, près de 70% des terres cultivables de la planète seraient destinées à l’élevage d’animaux et à la culture des céréales pour les nourrir. La production de bétail est aussi beaucoup plus gourmande en surface agricole que les végétaux ; les statistiques démontrent qu’il faut de 6 à 17 fois plus de sol pour produire des protéines à partir d’animaux que pour en produire la même quantité à partir de végétaux. De plus, selon une étude récente de l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation, la pâture du bétail et la confection de nourriture pour animaux sont la cause de 70% de la déforestation de la forêt amazonienne. Ces statistiques sont suffisantes pour alarmer une grande majorité d’environnementalistes. Plusieurs affirment même que, si la consommation de viande ne cesse pas de s’accroître, nous serons bientôt en « déficit de terres ». Une autre des problématiques reliées à la consommation de viande est le gaspillage d’eau. Au total, 8% de la consommation d’eau mondiale est destinée à l’élevage des animaux qui serviront de repas pour plusieurs d’entre nous. Une alimentation contenant de la viande nécessite environ 15 000 litres d’eau par jour, alors qu’une alimentation végétarienne n’en demande que 5 000 litres. À titre d’exemple, un seul kilogramme de bœuf requiert 15 500 litres d’eau, soit une année complète de douche, alors que seulement 1 800 litres sont nécessaires pour produire la même quantité de graines de soja. Finalement, tous les aspects de l’environnement sont touchés par notre consommation de viande trop élevée. Par exemple, plus de 200 000 tonnes de graisses et 760 000 tonnes de résidus provenant de carcasses animales sont produites chaque année et ce, seulement en France. De plus, un nombre incalculable de rejets nuisibles à l’environnement sont produits à cause de l’élevage du bétail, tels que plusieurs hormones, des produits chimiques de tannerie, du cuivre, des biocides, du nitrate, du phosphate ainsi qu’un rejet important de gaz à effet de serre, pour n’en nommer que quelques-uns.

Une solution vieille de plusieurs siècles, mais qui commence à peine à être considérée, existe néanmoins pour endiguer ces fléaux : le végétarisme. Bien que d’une apparence toute simple, cette solution pose plusieurs problèmes quant à sa mise en application. Elle implique un bouleversement des habitudes alimentaires chez les gens et, comme on le sait, plusieurs personnes sont réticentes à l’idée de modifier leur mode de vie. De plus, plusieurs préjugés l’entourent. Il suffit de penser aux carences en alimentation qui ne sont qu’un mythe, car des études prouvent qu’il n’y a aucun problème lié à l’alimentation végétarienne si elle est bien balancée, avec, entre autres, du soya et des légumineuses. Il  serait même bénéfique d’adopter ce régime, souvent plus sain étant donné qu’elle ne contient presque pas de gras. Donc, en plus d’être sain pour la santé, ce type d’alimentation a un impact écologique nettement moins prononcé qu’un régime composé de viande, puisque dans la majorité des cas, les plantes nécessitent moins de ressources et de sols que les animaux d’élevages. Dans les faits, il faut 26 fois moins d’eau et près de 54 fois moins de terre pour produire un kilo de légumes, comme les pommes de terre, comparativement à la production d’un kilo viande. De plus, nous devons nous rappeler que nous polluons aussi beaucoup moins les sols en ayant un régime végétarien, car cela ne produit presque pas de déchets toxiques, comme l’ammoniaque ou les phosphates. N’oublions pas le gaspillage de nourriture dû à la consommation de viande : sur les 800kg d’une vache, seulement 39% seront consommés. Par conséquent, nous en gaspillons 61%, alors que les pertes reliées aux végétaux sont beaucoup plus minimes. Par ailleurs, le fait que plusieurs fruits et légumes soient produits au Québec fait augmenter la demande en produits locaux et, ainsi, stimule l’économie du terroir en plus de diminuer considérablement l’émission de Co2 produit par le transport d’aliments. Et que dire de la demande énergétique ? Une protéine issue du soja requière jusqu’à 20 fois moins d’énergie fossile qu’une protéine animale. Finalement, si le végétarisme était plus présent dans notre société, une grande partie des gaspillages et de la pollution auraient été évités et notre empreinte écologique serait évidemment beaucoup moins inquiétante. Nous devons donc considérer le végétarisme comme une option plus que valable étant donné qu’elle ne nécessite aucune innovation, en plus de ne rien coûter et d’être accessible pour tous.

Bref, devenir végétarien n’est pas qu’une idéologique, c’est une solution rentable à court terme autant qu’à long terme. La FAO soutient même que l’alimentation est l’un des deux paramètres critiques pour notre survie sur la planète. D’autre part, nous devons apprendre à limiter et à gérer l’utilisation d’énergie fossile. Cependant, plusieurs personnes sont toujours réticentes à l’idée d’abandonner cette ressource, malgré toutes les preuves accablantes sur l’impact de l’élevage animal. Donc, pourrons-nous réussir à réduire ou même à éliminer la consommation de viande présente dans notre vie ? Espérons simplement que cette réponse sera positive, car cela reste un moyen efficace pour changer le cours des choses. En résumé, pour pouvoir enfin sauver notre planète du désastre, nous devons mettre fin à cette surconsommation.

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